Vendre sa maison tout en gardant son prêt immobilier est possible dans certains cas, mais cela suppose de respecter des règles précises et d’anticiper les implications financières. Vous vous demandez si vous pouvez conserver votre crédit pour acheter un nouveau bien, réduire vos mensualités ou éviter des indemnités de remboursement anticipé ? Ce guide vous donne d’emblée les grandes options qui s’offrent à vous, puis détaille chaque solution pour vous aider à décider sereinement avec votre banque ou votre courtier.
Comprendre dans quels cas vendre sa maison sans solder son prêt
Avant de vous lancer dans la vente, il est essentiel de savoir si votre contrat de prêt et votre situation vous permettent réellement de conserver votre crédit. Entre transfert de prêt, prêt relais ou remboursement anticipé, les règles ne sont pas les mêmes, ni les conséquences sur votre budget. Cette partie pose les bases pour que vous identifiiez rapidement le scénario qui vous correspond le mieux.
Comment savoir si votre prêt immobilier peut être transféré sur un nouveau bien
La possibilité de transférer votre prêt dépend d’une clause spécifique dans votre offre de crédit. Vous devez vérifier noir sur blanc si le transfert de prêt immobilier est prévu, et sous quelles conditions de délai, de montant et de type de bien. Sans cette clause, la banque n’a aucune obligation d’accepter le transfert, même si votre profil est solide.
Prenez votre contrat de prêt et cherchez les mentions relatives au transfert ou à la portabilité du crédit. Ces informations se trouvent généralement dans les conditions particulières. Si vous ne trouvez rien, contactez directement votre conseiller bancaire pour obtenir une réponse écrite. Certaines banques comme le Crédit Agricole ou la Caisse d’Épargne proposent plus facilement cette option que d’autres établissements.
Les conditions habituelles incluent un délai maximum entre la vente et le nouvel achat, souvent compris entre 6 et 12 mois. Le bien de remplacement doit également présenter des caractéristiques similaires ou supérieures, et son prix ne doit pas être inférieur de plus de 20% au bien vendu dans la plupart des cas.
Vendre sa résidence principale avec un prêt en cours : que devient le crédit
En cas de vente d’une résidence principale, la règle par défaut est d’utiliser le prix de vente pour solder le prêt. Cette logique peut être modifiée uniquement si la banque accepte une solution alternative comme le transfert du prêt ou un montage spécifique. Dans la pratique, le notaire joue un rôle clé pour répartir le prix de vente entre remboursement du crédit et versement du solde sur votre compte.
Concrètement, le notaire reçoit les fonds de l’acheteur et prélève automatiquement le capital restant dû pour le verser à votre banque. Si vous avez par exemple vendu 280 000 euros et qu’il reste 150 000 euros à rembourser, le notaire règle ce montant à l’établissement prêteur, puis vous reverse environ 125 000 euros après déduction des frais notariés et des éventuelles plus-values imposables.
Pour éviter ce remboursement automatique, vous devez impérativement obtenir l’accord écrit de votre banque avant la signature de l’acte de vente. Cet accord sera mentionné dans l’acte authentique pour que le notaire puisse déroger à la procédure standard.
Peut-on conserver son prêt après la vente pour financer un investissement locatif
Garder son prêt initial pour l’affecter à un futur investissement locatif reste une exception encadrée. La plupart des banques exigent que le prêt serve à financer le bien qui est donné en garantie, sans changement de destination ensuite. Dans certains cas, un transfert de prêt vers un investissement locatif peut être négocié, mais il dépendra de votre taux d’endettement, de votre apport et de votre relation bancaire.
Imaginons que vous vendiez votre résidence principale à Paris pour acheter un appartement à Lyon que vous allez louer. Votre banque pourrait accepter de transférer le prêt initial sur ce nouveau bien locatif si votre situation financière le permet et si le taux actuel que vous détenez reste avantageux. Toutefois, elle exigera probablement que vous justifiiez d’une nouvelle résidence principale, soit en location, soit par un nouvel achat.
Le principal frein reste la garantie : votre ancien prêt était garanti par votre résidence principale, et la banque devra prendre une nouvelle hypothèque sur l’investissement locatif. Cette opération génère des frais supplémentaires qui peuvent atteindre 1 à 2% du montant garanti.
Les principales solutions pour vendre sa maison et garder son prêt

Si vous souhaitez éviter de rembourser entièrement votre crédit lors de la vente, plusieurs dispositifs existent, mais chacun a ses contraintes. Transfert de prêt immobilier, prêt relais, rachat de crédit ou modulation de mensualités peuvent vous aider à conserver un financement intéressant. Cette partie passe en revue les scénarios les plus courants pour que vous puissiez comparer clairement les options.
Transfert de prêt immobilier : comment ça fonctionne concrètement avec la banque
Le transfert de prêt immobilier permet de garder votre taux actuel et de basculer le crédit sur un nouveau bien. La banque exige généralement que le nouveau bien soit acheté dans un délai précis après la vente, et que le montant emprunté reste proche ou inférieur au capital restant dû. Ce mécanisme est intéressant si votre taux est plus bas que ceux du marché actuel, mais il nécessite un dossier solide et une bonne anticipation.
Voici comment se déroule concrètement cette opération : vous informez d’abord votre banque de votre projet de vente et du bien que vous souhaitez acquérir. La banque étudie ensuite le nouveau bien pour vérifier qu’il présente des garanties suffisantes. Si l’accord est donné, elle établit un avenant à votre contrat de prêt qui précise les nouvelles conditions.
| Étape | Délai moyen | Action requise |
|---|---|---|
| Demande de transfert | 1 semaine | Courrier formel à la banque |
| Étude du nouveau bien | 2 à 3 semaines | Transmission compromis et diagnostics |
| Accord de principe | 1 semaine | Validation dossier financier |
| Levée garantie ancien bien | 1 à 2 mois | Coordination notaire-banque |
| Nouvelle garantie | 1 mois | Signature acte hypothécaire |
Le grand avantage du transfert de prêt est de conserver un taux historiquement bas. Si vous avez emprunté à 1,2% en 2021 et que les taux actuels tournent autour de 3,5%, vous économiserez plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée restante du crédit. Attention toutefois aux frais de mainlevée de l’ancienne garantie et de prise de nouvelle garantie, qui peuvent atteindre 2 000 à 3 000 euros.
Prêt relais ou maintien du prêt existant : quelle stratégie privilégier dans votre cas
Le prêt relais sert à acheter un nouveau bien avant d’avoir vendu l’ancien, et non à garder le prêt initial après la vente. Cependant, il peut s’intégrer dans une stratégie globale où vous conservez temporairement votre ancien prêt tout en finançant le nouveau projet. Choisir entre prêt relais et maintien du prêt existant dépend de votre calendrier, de votre capacité de remboursement temporaire et de la visibilité que vous avez sur la vente.
Le prêt relais est adapté si vous avez trouvé le bien de vos rêves mais n’avez pas encore vendu votre maison actuelle. Vous empruntez alors 60 à 80% de la valeur estimée de votre bien actuel pour financer le nouvel achat. Vous payez uniquement les intérêts du prêt relais pendant 12 à 24 mois, en plus des mensualités de votre prêt initial. Lorsque votre maison est vendue, vous remboursez intégralement le prêt relais.
En revanche, si votre objectif est vraiment de conserver votre prêt initial à long terme, le transfert de prêt est plus pertinent. Un exemple concret : Sophie vend sa maison à Bordeaux pour 320 000 euros avec un capital restant dû de 180 000 euros à 1,5%. Elle achète un appartement à Toulouse à 280 000 euros. Plutôt que de solder son prêt et d’en contracter un nouveau à 3,8%, elle obtient le transfert de ses 180 000 euros restants et complète avec 100 000 euros d’apport personnel.
Faut-il renégocier ou racheter son crédit pour le conserver plus avantageusement
Si vous tenez à garder votre prêt, renégocier le taux ou les conditions peut alléger votre budget. Un rachat de crédit par une autre banque peut aussi permettre de regrouper votre ancien prêt et un nouveau financement immobilier. Il faut toutefois comparer les frais pour vérifier que l’opération reste rentable sur la durée.
La renégociation avec votre banque actuelle présente l’avantage de limiter les frais : pas de pénalités de remboursement anticipé, pas de nouveaux frais de dossier, et souvent une simple modification d’avenant. Vous pouvez obtenir une baisse de taux de 0,5 à 1 point si l’écart avec les taux du marché est important et si votre profil s’est amélioré depuis la souscription initiale.
Le rachat par un concurrent est intéressant si vous avez besoin d’un financement complémentaire important. Par exemple, vous souhaitez acheter un bien plus cher que celui que vous vendez. Une banque peut alors racheter votre crédit actuel et vous accorder un nouveau prêt global avec un taux unique. Les frais à prévoir incluent les indemnités de remboursement anticipé sur l’ancien prêt, généralement 3% du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, les frais de garantie sur le nouveau prêt, et les frais de dossier de la nouvelle banque.
Conséquences financières et juridiques du maintien du prêt après la vente

Garder son prêt alors que le bien est vendu n’est pas qu’une question de volonté : garanties, hypothèque, assurance et fiscalité entrent en jeu. Une erreur de stratégie peut vous coûter cher en pénalités ou en intérêts payés inutilement. Cette partie vous aide à mesurer précisément l’impact financier et juridique avant de valider une solution avec votre banque.
Comment gérer l’hypothèque ou l’ippd quand le bien est vendu mais le prêt subsiste
Lorsque le bien est vendu, l’hypothèque ou la garantie doit normalement être levée, ce qui suppose le remboursement du prêt garanti. Pour garder votre prêt, il faudra mettre en place une nouvelle garantie sur un autre bien ou une caution, ce qui implique des frais supplémentaires. Le notaire et la banque coordonnent cette opération, mais c’est à vous d’anticiper son coût dans votre budget global.
La mainlevée de l’hypothèque sur l’ancien bien coûte entre 0,3% et 0,6% du montant initial du prêt, auxquels s’ajoutent les émoluments du notaire. Si votre prêt initial était de 200 000 euros, comptez entre 800 et 1 500 euros. Ensuite, la prise d’hypothèque sur le nouveau bien génère des frais équivalents à environ 1,5% du montant garanti, soit 3 000 euros pour un prêt de 200 000 euros.
Une alternative moins coûteuse existe : le privilège de prêteur de deniers (PPD), qui s’applique uniquement aux biens anciens et revient environ deux fois moins cher qu’une hypothèque classique. Si votre nouveau bien est un appartement ancien, privilégiez cette option avec votre banque pour réduire les frais de garantie.
Vendre sa maison et louer ensuite : que devient l’assurance emprunteur et vos protections
Si vous vendez pour devenir locataire tout en conservant un prêt, par exemple dans le cadre d’un investissement, l’assurance emprunteur reste essentielle. Il est possible de l’adapter au nouveau projet, voire d’en changer pour réduire le coût tout en restant bien couvert. Vérifiez notamment les garanties en cas d’arrêt de travail ou de décès, car votre situation de logement et votre capacité d’épargne peuvent évoluer fortement.
L’assurance emprunteur représente souvent 20 à 30% du coût total du crédit. Depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, sans frais ni pénalités. Si vous gardez votre prêt sur un investissement locatif, assurez-vous que les garanties ITT (incapacité temporaire de travail) et IPT (invalidité permanente totale) restent adaptées à votre nouvelle situation professionnelle.
Un point important : si vous ne remboursez plus de crédit sur votre résidence principale mais uniquement sur un investissement locatif, certains assureurs peuvent refuser de vous couvrir ou augmenter les tarifs. Anticipez ce changement en comparant les offres avant la vente, et privilégiez les contrats qui acceptent explicitement les investissements locatifs.
Indemnités de remboursement anticipé ou maintien du prêt : comment arbitrer financièrement
Comparer le coût des indemnités de remboursement anticipé avec celui des intérêts restant à payer est une étape clé. Dans certains cas, solder le prêt et en souscrire un nouveau à un meilleur taux sera plus intéressant que de s’acharner à conserver l’ancien crédit. Un simple tableau de simulation, réalisé avec votre banque ou un courtier, vous permettra d’objectiver ce choix plutôt que de le baser uniquement sur l’idée de ne pas perdre votre prêt actuel.
Voici un exemple chiffré : vous avez encore 120 000 euros à rembourser sur 10 ans à 1,8%, soit environ 1 100 euros par mois. Les intérêts restants s’élèvent à 12 000 euros environ. Les indemnités de remboursement anticipé représentent 3% du capital restant dû, soit 3 600 euros. Si vous contractez un nouveau prêt à 3,5% sur la même durée, vous paierez 23 000 euros d’intérêts. Le calcul est simple : 3 600 euros d’indemnités plus 23 000 euros d’intérêts font 26 600 euros, contre seulement 12 000 euros si vous conservez votre prêt actuel. Dans ce cas, garder le prêt vous fait économiser 14 600 euros.
En revanche, si votre taux actuel est de 2,8% et que vous pouvez emprunter à 3,2%, l’écart se réduit considérablement et les frais de transfert de garantie peuvent rendre l’opération moins intéressante. Faites plusieurs simulations en incluant tous les frais annexes pour prendre la bonne décision.
Préparer son projet avec la banque pour sécuriser la vente et le prêt
La meilleure manière de vendre votre maison en gardant votre prêt, c’est d’impliquer très tôt votre banque dans le projet. En posant les bonnes questions et en arrivant avec des scénarios chiffrés, vous renforcez vos chances d’obtenir un accord souple. Cette dernière partie vous donne des repères concrets pour structurer vos échanges et éviter les mauvaises surprises au moment de la signature chez le notaire.
Quelles questions poser à votre banquier avant de mettre la maison en vente
Vous devez interroger votre banquier sur la possibilité de transfert de prêt, le coût d’un remboursement anticipé et les options de modulation ou de rachat. Demandez aussi quels délais la banque exige entre la vente de l’ancien bien et l’achat du nouveau si vous gardez le crédit. Plus vous avez de réponses écrites et chiffrées, plus vous pourrez négocier sereinement avec les autres intervenants.
Préparez une liste précise de questions pour votre rendez-vous bancaire. Commencez par demander si votre contrat prévoit explicitement le transfert de prêt et à quelles conditions. Demandez ensuite le montant exact des indemnités de remboursement anticipé, calculé sur votre capital restant dû actuel. Interrogez votre conseiller sur les frais de mainlevée d’hypothèque et de nouvelle garantie.
Posez également des questions sur le calendrier : combien de temps la banque vous laisse-t-elle pour acheter un nouveau bien après la vente ? Quel est le délai de traitement d’un dossier de transfert ? Ces informations vous permettront de synchroniser les différentes étapes de votre projet et d’éviter de vous retrouver bloqué entre deux transactions.
Comment construire un plan de financement réaliste pour votre prochaine acquisition
Un plan de financement réaliste intègre le prix probable de vente, le capital restant dû, les frais de garantie et de notaire, ainsi que votre apport. En y ajoutant le maintien éventuel du prêt immobilier actuel, vous obtenez une vision claire de la capacité d’achat réellement disponible. Cette démarche évite de vous engager sur un nouveau bien avec un budget surestimé ou des mensualités intenables.
Construisez un tableau détaillé de vos ressources et de vos besoins. Au crédit, inscrivez le prix de vente estimé de votre bien actuel, votre épargne disponible, et éventuellement un complément d’emprunt. Au débit, listez le capital restant dû si vous ne transférez pas le prêt, les frais de notaire sur la vente, les frais d’agence, les indemnités de remboursement anticipé éventuelles, le prix du nouveau bien, les frais de notaire sur l’achat, et les frais de garantie.
Par exemple : votre maison se vend 300 000 euros, vous avez 140 000 euros de capital restant dû et 20 000 euros d’épargne. Vous souhaitez acheter à 350 000 euros en transférant votre prêt. Vous aurez 300 000 euros moins environ 15 000 euros de frais de vente, plus 20 000 euros d’épargne, soit 305 000 euros de ressources. Vous devrez payer 350 000 euros plus 24 500 euros de frais de notaire et environ 3 000 euros de frais de garantie, soit 377 500 euros. Il vous manque donc 72 500 euros que vous devrez financer par un prêt complémentaire, en plus des 140 000 euros transférés.
Erreurs fréquentes quand on veut garder son prêt après la vente de sa maison
Beaucoup de particuliers supposent que la banque acceptera automatiquement de maintenir le prêt, sans vérifier le contrat ni les garanties. Une autre erreur fréquente consiste à négliger le calendrier : vente, levée de garantie, nouveau financement et déménagement doivent s’articuler précisément. En anticipant ces points et en vous faisant éventuellement accompagner par un courtier, vous limitez les risques de blocage à quelques jours de la signature.
La première erreur est de croire que la volonté suffit. Sans clause de transférabilité dans votre contrat, aucune négociation ne sera possible. Vérifiez ce point avant même de mettre votre bien en vente. La deuxième erreur consiste à sous-estimer les délais administratifs. Entre l’accord de principe de la banque, la mainlevée de l’ancienne garantie, l’expertise du nouveau bien et la mise en place de la nouvelle garantie, comptez facilement 2 à 3 mois.
Une autre erreur courante est de négliger l’impact sur votre taux d’endettement. Si vous gardez votre ancien prêt et en contractez un nouveau pour compléter le financement, vos mensualités cumulées peuvent dépasser les 35% de vos revenus, limite réglementaire imposée par le Haut Conseil de stabilité financière. Calculez précisément votre taux d’endettement avant de vous engager.
Enfin, beaucoup de vendeurs oublient de prévenir leur notaire de leur intention de conserver le prêt. Le notaire prépare l’acte de vente en prévoyant par défaut le remboursement intégral du crédit. Si vous n’avez pas obtenu l’accord écrit de la banque et que vous ne l’avez pas transmis au notaire avant la signature, les fonds de la vente seront automatiquement versés à la banque pour solder le prêt, sans possibilité de retour en arrière.
Vendre sa maison et garder son prêt immobilier demande une organisation rigoureuse et une anticipation soigneuse des aspects financiers et juridiques. Cette stratégie peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros si votre taux actuel est avantageux, mais elle nécessite l’accord formel de votre banque et le respect de conditions strictes. Prenez le temps d’étudier votre contrat, de chiffrer précisément les coûts de chaque option, et de construire un calendrier réaliste avec l’ensemble des intervenants. Un courtier immobilier peut vous accompagner dans cette démarche pour sécuriser votre projet et optimiser vos conditions de financement.




