Vous vendez ou envisagez de vendre un bien en LMNP en 2025 et vous craignez de « rembourser » l’amortissement déduit ? Rassurez-vous : le régime de la plus-value en LMNP est spécifique et souvent plus avantageux qu’on ne le pense. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, les amortissements comptables ne sont généralement pas réintégrés dans le calcul de votre plus-value immobilière. Ce guide vous explique comment sont réellement calculées la plus-value et l’incidence de l’amortissement, avec les points de vigilance essentiels pour optimiser votre fiscalité lors de la revente.
Comprendre le cadre fiscal du LMNP à la revente en 2025
Avant de parler de plus-value et d’amortissement, il est essentiel de clarifier le statut LMNP et les régimes fiscaux applicables en 2025. Cette compréhension vous permettra de savoir immédiatement si vous relevez des plus-values privées ou professionnelles lors de la revente, deux régimes aux conséquences très différentes.
Comment fonctionne vraiment le statut LMNP au moment de la revente
Le LMNP reste, en principe, un régime de location meublée à caractère civil. Cette particularité signifie que la revente de votre bien est généralement imposée comme une plus-value immobilière privée, au même titre qu’une résidence secondaire classique. Tant que vous conservez ce statut non professionnel, vous bénéficiez d’un traitement fiscal avantageux.
Concrètement, cela veut dire que l’administration fiscale considère votre activité de location meublée comme accessoire et non comme une activité professionnelle. Le passage en LMP (loueur en meublé professionnel) ou en activité professionnelle peut en revanche tout changer au niveau de l’amortissement et du régime de plus-value applicable. La différence est majeure : en restant LMNP, vos amortissements comptables n’impactent pas le calcul de la plus-value de cession.
Différencier plus-values privées et professionnelles pour éviter les mauvaises surprises
Deux régimes peuvent s’appliquer lors de la revente d’un bien loué en meublé. Les plus-values immobilières des particuliers suivent les règles classiques avec des abattements pour durée de détention et ignorent complètement les amortissements pratiqués en comptabilité. Les plus-values professionnelles (BIC professionnels), elles, tiennent compte de la valeur nette comptable du bien, donc après déduction des amortissements.
| Critère | Plus-value privée (LMNP) | Plus-value professionnelle (LMP) |
|---|---|---|
| Base de calcul | Prix de vente – Prix d’achat | Prix de vente – Valeur nette comptable |
| Amortissement | Non réintégré | Pris en compte (augmente la plus-value) |
| Abattements | Progressifs selon durée de détention | Exonérations selon CA et durée |
Identifier clairement où vous vous situez en 2025 est donc une étape clé avant toute simulation de vente. Cette vérification vous évitera des déconvenues fiscales au moment de signer chez le notaire.
À partir de quand un LMNP bascule vers un régime plus contraignant
Le basculement en LMP dépend de deux conditions cumulatives à vérifier chaque année : vos recettes locatives meublées doivent dépasser 23 000 euros par an ET représenter plus de 50% de vos revenus globaux du foyer fiscal. Si ces deux seuils sont franchis, vous basculez automatiquement en professionnel.
L’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) peut également constituer un indice de professionnalisation de votre activité, même si elle n’est plus obligatoire depuis quelques années pour les LMNP. En cas de requalification en LMP, la cession sera soumise aux plus-values professionnelles, ce qui intègre effectivement l’amortissement dans le calcul.
Vérifier votre statut réel sur les trois dernières années permet de sécuriser la fiscalité de la revente. Si vous êtes proche des seuils, une simulation avant-vente s’impose pour anticiper les conséquences fiscales réelles.
Mécanisme de la plus-value LMNP en 2025 et rôle de l’amortissement

Beaucoup de bailleurs LMNP redoutent que les amortissements déduits soient « repris » lors de la vente. Dans le cadre LMNP relevant des plus-values privées, la logique est en réalité différente et bien plus favorable. Voyons précisément comment se calcule la plus-value et dans quelles situations l’amortissement peut réellement impacter votre fiscalité.
Plus-value LMNP et amortissement en 2025 : doit-on tout rembourser au fisc ?
La bonne nouvelle est claire : en LMNP non professionnel relevant des plus-values privées, l’amortissement ne vient pas majorer la plus-value imposable. C’est une spécificité très avantageuse par rapport à un schéma purement professionnel ou à d’autres régimes d’investissement.
Prenons un exemple concret : vous avez acheté un studio meublé 150 000 euros en 2017 et amorti fiscalement 40 000 euros sur votre immeuble et vos meubles. En 2025, vous le revendez 180 000 euros. La plus-value brute sera calculée sur 180 000 – 150 000 = 30 000 euros, et non sur 180 000 – (150 000 – 40 000) = 70 000 euros. Les 40 000 euros d’amortissements ne sont pas « remis en cause » à la revente.
Cette règle représente l’un des principaux atouts du statut LMNP : vous bénéficiez d’une réduction d’impôt pendant la période de location grâce aux amortissements, sans pénalité fiscale au moment de la cession. C’est un double avantage parfaitement légal et sécurisé par la doctrine fiscale.
Comment se calcule concrètement la plus-value immobilière en LMNP
Le calcul suit une logique simple en quatre étapes. D’abord, on détermine le prix de cession net en déduisant du prix de vente les frais liés à la transaction (diagnostics, frais d’agence supportés par le vendeur). Ensuite, on établit le prix d’acquisition majoré, qui peut inclure les frais d’achat (frais de notaire) au réel ou forfaitairement à 7,5%, ainsi que les travaux réalisés.
La différence entre ces deux montants donne la plus-value brute. On applique alors les abattements pour durée de détention : 6% par an de la 6ème à la 21ème année pour l’impôt sur le revenu, puis 4% la 22ème année (exonération totale après 22 ans). Pour les prélèvements sociaux, l’abattement est de 1,65% de la 6ème à la 21ème année, puis 1,60% la 22ème année et 9% au-delà jusqu’à exonération complète après 30 ans.
Ce schéma reste valable en 2025, sauf changement législatif spécifique à surveiller dans les lois de finances. Les taux applicables sont de 19% pour l’impôt sur le revenu et 17,2% pour les prélèvements sociaux sur la part non exonérée de la plus-value.
Dans quels cas l’amortissement peut-il réellement impacter la fiscalité de revente
L’amortissement devient déterminant si votre activité est requalifiée en professionnelle, avec application des plus-values professionnelles BIC. Dans ce cas, la base de calcul repose sur la valeur nette comptable, donc le prix d’achat diminué des amortissements pratiqués.
Reprenons notre exemple précédent en statut LMP : studio acheté 150 000 euros, amorti pour 40 000 euros, revendu 180 000 euros. La plus-value professionnelle serait de 180 000 – (150 000 – 40 000) = 70 000 euros au lieu de 30 000 euros. La différence fiscale peut représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Une stratégie de suivi comptable et statutaire est donc indispensable si vos recettes LMNP deviennent significatives sur plusieurs années. Vérifiez systématiquement votre situation avant toute cession pour anticiper le bon régime fiscal applicable et éviter une mauvaise surprise lors de la signature de l’acte authentique.
Intégrer les nouveautés et anticiper la revente LMNP en 2025
Le contexte fiscal évolue régulièrement : prélèvements sociaux, encadrement des locations meublées, débats parlementaires sur l’avantage comparé au nu. En 2025, il est prudent de vérifier où en sont les règles applicables à votre LMNP avant de signer un compromis de vente.
Quelles règles de plus-value s’appliquent encore aux LMNP en 2025
Sauf réforme majeure votée en loi de finances, les LMNP restent soumis aux plus-values immobilières des particuliers, avec abattement progressif selon la durée de détention. L’amortissement comptable n’est toujours pas réintégré dans l’assiette taxable, ce qui confirme l’intérêt persistant du régime pour les investisseurs.
Les taux d’imposition restent fixés à 19% pour l’impôt sur le revenu et 17,2% pour les prélèvements sociaux. À ces taux peuvent s’ajouter une surtaxe sur les plus-values importantes : de 2% à 6% pour les plus-values nettes supérieures à 50 000 euros. Cette surtaxe concerne principalement les biens de forte valeur ou détenus sur une courte période.
Il convient néanmoins de vérifier chaque année les lois de finances pour confirmer la stabilité de ces avantages. Certains débats parlementaires évoquent régulièrement un possible alignement du régime LMNP sur celui du LMP, ce qui modifierait profondément la donne fiscale à la revente.
Faut-il privilégier le régime réel ou le micro-BIC avant la revente
Le choix entre micro-BIC et régime réel modifie surtout votre imposition pendant l’exploitation, pas le calcul de la plus-value privée. Au micro-BIC, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 50% sur vos recettes locatives, sans pouvoir déduire vos charges réelles ni pratiquer d’amortissements.
Au régime réel, l’amortissement réduit fortement le résultat imposable chaque année, parfois jusqu’à créer un déficit reportable, sans pénaliser en principe la plus-value de cession tant que vous restez en LMNP. Pour un bien acquis 200 000 euros générant 15 000 euros de loyers annuels, le réel permet souvent de réduire l’imposition à zéro pendant plusieurs années grâce aux amortissements et charges déductibles.
Une simulation sur toute la durée du projet (exploitation + revente) permet de trancher en fonction de votre horizon de vente. Si vous envisagez de conserver le bien moins de 5 ans, le micro-BIC peut suffire. Au-delà, le réel avec amortissement devient généralement plus intéressant, surtout pour un bien neuf ou rénové générant des amortissements importants.
Ajuster la stratégie de détention pour optimiser la sortie patrimoniale
Selon votre situation, il peut être pertinent de conserver le bien jusqu’à franchir un palier d’abattement significatif sur la plus-value. Par exemple, attendre la 6ème année pour bénéficier des premiers abattements, ou viser 22 ans de détention pour l’exonération totale d’impôt sur le revenu.
À l’inverse, une vente plus rapide peut s’envisager si les perspectives de marché se dégradent, si votre situation patrimoniale évolue ou si une réforme fiscale défavorable se profile. Un propriétaire proche de la retraite et ayant besoin de liquidités aura une approche différente d’un investisseur jeune en phase de constitution de patrimoine.
Cette approche globale doit intégrer votre tranche marginale d’imposition, vos besoins de trésorerie, vos autres projets d’investissement et votre stratégie successorale. Un bien LMNP détenu jusqu’au décès bénéficie d’ailleurs d’une fiscalité successorale classique, sans remise en cause des amortissements passés, ce qui peut constituer une option patrimoniale intéressante pour la transmission.
Conseils pratiques pour sécuriser la revente LMNP et limiter la plus-value taxable

Au-delà des règles théoriques, quelques réflexes concrets peuvent faire la différence lors de la revente d’un bien en LMNP. En 2025, la traçabilité des dépenses, la cohérence comptable et le choix du bon interlocuteur restent déterminants pour optimiser légalement votre fiscalité.
Comment préparer ses justificatifs pour maximiser le prix d’acquisition retenu
Conservez systématiquement toutes les factures de travaux, honoraires et frais annexes liés au bien depuis l’acquisition. Ces dépenses peuvent être ajoutées au prix d’acquisition pour diminuer la plus-value imposable, sous certaines conditions : travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisés par une entreprise.
Vous avez deux options : justifier les travaux au réel avec factures, ou opter pour un forfait de 15% du prix d’acquisition si le bien a plus de 5 ans. Pour un bien acheté 150 000 euros il y a 8 ans, le forfait vous donne automatiquement 22 500 euros de majoration, sans avoir à fournir de justificatifs. En revanche, si vous avez réalisé 35 000 euros de travaux facturés, mieux vaut conserver les factures pour les déduire au réel.
Une documentation claire facilite aussi l’échange avec le notaire et l’administration en cas de contrôle. Organisez un dossier numérique regroupant acte d’achat, factures de travaux, diagnostics, et comptabilité LMNP pour pouvoir répondre rapidement à toute demande.
Se faire accompagner : expert-comptable, notaire ou conseiller en gestion de patrimoine
Un expert-comptable spécialisé en location meublée sécurise le calcul de vos amortissements et le suivi rigoureux de votre statut LMNP versus LMP. Il vous aide aussi à optimiser vos déclarations fiscales annuelles et à anticiper les conséquences d’une future cession selon votre situation.
Le notaire reste le référent légal pour le calcul officiel de la plus-value immobilière lors de la vente. Il vérifie les abattements applicables, calcule l’impôt dû et effectue la déclaration et le paiement auprès de l’administration fiscale. N’hésitez pas à lui transmettre en amont tous vos justificatifs pour qu’il retienne le prix d’acquisition le plus favorable.
Un conseiller en gestion de patrimoine peut enfin vous aider à replacer cette opération dans votre stratégie globale. Faut-il vendre maintenant ou attendre ? Réinvestir dans un autre LMNP ou diversifier ? Quelle est la meilleure structuration juridique pour vos futurs investissements ? Ces questions dépassent la simple fiscalité de la revente et méritent une réflexion patrimoniale complète.
Étudier des scénarios de revente pour éviter les erreurs irréversibles
Simuler plusieurs dates de sortie, différents prix de vente et hypothèses de travaux permet d’anticiper l’impact fiscal réel avant de s’engager. Un simple tableur peut vous aider à comparer les scénarios : vente immédiate, vente dans 2 ans (franchissement du seuil de 6 ans de détention), vente à 10 ans, etc.
Pour chaque hypothèse, calculez la plus-value brute, les abattements applicables, l’impôt dû et le produit net après fiscalité. Intégrez aussi les revenus locatifs nets que vous percevrez si vous conservez le bien quelques années supplémentaires. Cette vision globale transforme une décision subie en choix patrimonial maîtrisé.
Vous pouvez ainsi décider sereinement de repousser ou d’avancer la vente pour bénéficier d’un abattement plus favorable ou saisir une opportunité de marché. Cette démarche, parfois négligée, évite les regrets et sécurise votre stratégie d’investissement immobilier sur le long terme.
En conclusion, la revente d’un bien LMNP en 2025 ne doit pas être source d’inquiétude concernant les amortissements pratiqués. Tant que vous conservez le statut de loueur en meublé non professionnel, ces amortissements ne sont pas réintégrés dans le calcul de votre plus-value immobilière. Cette spécificité fiscale représente un avantage majeur du régime LMNP, permettant de réduire vos impôts pendant l’exploitation sans pénalité à la sortie. L’essentiel est de bien vérifier votre statut réel, de conserver vos justificatifs et de vous faire accompagner par des professionnels compétents pour optimiser chaque étape de votre projet immobilier.




