Aubervilliers est régulièrement citée parmi les villes de banlieue parisienne jugées difficiles. Cette réputation, largement relayée sur internet et dans les médias, inquiète ceux qui envisagent d’y vivre, d’y travailler ou d’y investir. Mais qu’en est-il vraiment ? Entre chiffres officiels de la délinquance, témoignages d’habitants et transformations urbaines en cours, la réalité d’Aubervilliers est bien plus contrastée que ne le laisse supposer son étiquette. Cet article propose un éclairage précis pour comprendre les enjeux de sécurité dans cette commune de Seine-Saint-Denis, identifier les zones sensibles et les secteurs plus calmes, et vous aider à prendre vos décisions en toute connaissance de cause.
Comprendre pourquoi Aubervilliers est perçue comme dangereuse
La réputation d’Aubervilliers comme ville dangereuse ne date pas d’hier, mais elle s’est cristallisée ces dernières années à travers une combinaison de facteurs médiatiques, statistiques et sociaux. Décrypter cette image nécessite de croiser plusieurs sources d’information pour dépasser les clichés.
D’où vient la réputation de ville dangereuse d’Aubervilliers aujourd’hui ?
L’image négative d’Aubervilliers s’appuie sur une accumulation de faits divers largement relayés dans les médias nationaux et locaux. Des règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants, des violences urbaines ou des cambriolages font régulièrement la une, créant une impression de territoire hors de contrôle. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en diffusant massivement vidéos et témoignages anxiogènes, parfois sortis de leur contexte. Cette caisse de résonance médiatique finit par façonner une perception collective où la ville entière est assimilée à quelques quartiers ou événements problématiques. Il faut aussi rappeler qu’Aubervilliers fait partie de la Seine-Saint-Denis, département souvent stigmatisé dans l’imaginaire collectif français, ce qui renforce mécaniquement son étiquette négative.
Que disent les chiffres officiels sur la délinquance à Aubervilliers ?
Les statistiques du ministère de l’Intérieur placent effectivement Aubervilliers au-dessus de la moyenne nationale en matière de délinquance. Les vols avec ou sans violence, les atteintes aux biens et certaines formes de trafics y sont plus fréquents que dans la plupart des villes françaises de taille équivalente. Pour autant, ces chiffres bruts doivent être contextualisés : Aubervilliers compte environ 90 000 habitants sur un territoire dense, avec une population jeune et des niveaux de pauvreté supérieurs à la moyenne. Ces facteurs sociaux et démographiques expliquent en partie les taux élevés de délinquance. Par ailleurs, certains indicateurs montrent une stabilisation voire une légère baisse sur plusieurs années, notamment grâce au renforcement des effectifs de police et aux actions de prévention. Comparer Aubervilliers uniquement aux villes de province serait trompeur : il faut la situer dans son environnement immédiat, celui de la petite couronne parisienne.
Comment Aubervilliers se compare-t-elle aux autres villes du 93 et du Grand Paris ?
Dans le paysage du département de la Seine-Saint-Denis, Aubervilliers occupe une position intermédiaire. Elle n’affiche pas les taux de délinquance les plus élevés du 93, contrairement à certaines communes voisines comme Saint-Denis ou La Courneuve. Elle partage avec elles des problématiques communes : concentration de logements sociaux, taux de chômage élevé, économie souterraine importante et tensions liées aux trafics. En revanche, Aubervilliers bénéficie d’une proximité géographique avec Paris qui attire des projets de rénovation urbaine et de nouveaux habitants, notamment autour de la zone du Millénaire et du futur métro. Cette dynamique la distingue d’autres villes du département, même si les effets sur la sécurité restent progressifs et localisés.
Zones sensibles, quartiers vivants et nuances d’ambiance dans la ville

Réduire Aubervilliers à une ville uniformément dangereuse serait inexact. La réalité sécuritaire varie fortement d’un secteur à l’autre, entre quartiers très surveillés, zones en transformation et rues résidentielles calmes. Comprendre cette géographie fine est essentiel pour se faire une idée juste.
Quels sont les quartiers les plus sensibles et les plus surveillés à Aubervilliers ?
Certains ensembles d’habitat social concentrent davantage de difficultés, notamment autour de la cité Émile-Dubois, des Quatre-Chemins ou de secteurs proches du canal Saint-Denis. Ces zones font l’objet d’une présence policière renforcée et de dispositifs de vidéosurveillance. Les abords du RER B, notamment la station La Courneuve-Aubervilliers, sont également signalés comme moins rassurants, surtout en soirée. Il n’est pas rare d’y observer des regroupements, du bruit ou des incivilités. Cependant, même dans ces secteurs, l’ambiance peut être très différente selon l’heure : en journée, la vie de quartier y est souvent active, avec commerces ouverts et passage régulier de familles. Le sentiment d’insécurité se concentre principalement sur les horaires nocturnes et les espaces mal éclairés.
Quartiers plus calmes, secteurs recherchés : où le ressenti est-il plus apaisé ?
D’autres parties d’Aubervilliers offrent un cadre jugé nettement plus tranquille. Les rues pavillonnaires autour de la Maladrerie, certains secteurs proches de Pantin ou de Paris intra-muros attirent des familles et des actifs en quête d’un environnement résidentiel. On y trouve des copropriétés récentes, moins de logements sociaux et une ambiance de quartier plus apaisée. Les nouveaux programmes immobiliers, notamment ceux liés à la rénovation du quartier du Millénaire, cherchent également à capter une population mixte. Le ressenti de sécurité y est globalement meilleur, même si des petites incivilités ou des vols à l’arraché peuvent subsister ponctuellement. Ces contrastes montrent qu’Aubervilliers n’est pas monolithique et qu’une visite de terrain permet de repérer rapidement les différences d’ambiance.
Vie commerçante, transports, espaces publics : une ville animée et contrastée
Le centre-ville d’Aubervilliers, ses marchés et ses axes commerçants créent une animation permanente qui rassure de nombreux résidents en journée. La proximité du métro ligne 7, du RER B et bientôt des futures lignes du Grand Paris Express renforce cette dynamique urbaine. Les espaces publics comme le parc Eli-Lotar ou les berges du canal sont fréquentés par des familles et des promeneurs, surtout le week-end. En revanche, la nuit, certaines rues se vident ou deviennent le théâtre de nuisances sonores et de regroupements. Ce contraste jour-nuit explique pourquoi le ressenti peut être si différent d’un habitant à l’autre. Ceux qui vivent et travaillent dans la ville en journée la trouvent souvent vivante et praticable, tandis que ceux qui rentrent tard le soir peuvent ressentir davantage d’inquiétude.
Vivre à Aubervilliers : ressentis des habitants, précautions et qualité de vie

Au-delà des statistiques, ce sont les témoignages des habitants qui éclairent le mieux la réalité quotidienne d’Aubervilliers. Leur expérience révèle une perception nuancée, faite d’adaptation, de vigilance et parfois d’attachement à leur quartier.
Les habitants d’Aubervilliers se sentent-ils réellement en insécurité au quotidien ?
Les enquêtes de victimation et les sondages locaux montrent que le sentiment d’insécurité varie fortement selon les quartiers, les profils et les habitudes. Beaucoup d’habitants distinguent leur rue, qu’ils connaissent bien, de l’image générale de la ville véhiculée dans les médias. Cette familiarité avec l’environnement proche, les relations de voisinage et les repères quotidiens jouent un rôle important dans le sentiment de sécurité. Les personnes âgées et les femmes expriment davantage d’inquiétude, surtout le soir, tandis que les jeunes actifs et les familles installées de longue date relativisent souvent les risques. Dans les faits, la plupart des habitants ne sont pas victimes de violences graves, mais certains ont connu des vols de téléphone, des dégradations de véhicule ou des nuisances répétées. Le ressenti oscille donc entre acceptation pragmatique de la situation et volonté de partir pour certains.
Familles, étudiants, nouveaux arrivants : profils qui s’installent et motivations principales
Aubervilliers attire principalement des profils sensibles au prix du logement. Les loyers y restent nettement inférieurs à ceux de Paris, ce qui permet à des familles modestes, des jeunes couples ou des étudiants de se loger dans la métropole parisienne. La desserte en transports, déjà correcte avec le métro et le RER, va s’améliorer avec les nouvelles lignes du Grand Paris Express, renforçant l’attractivité de certains secteurs. Des travailleurs du tertiaire, des professions intermédiaires ou des créatifs s’installent aussi dans les nouveaux programmes immobiliers, attirés par la promesse d’une ville en transformation. Ces nouveaux arrivants acceptent généralement un compromis : un cadre de vie parfois difficile, mais un accès rapide à Paris et des opportunités économiques. Ils sont aussi souvent mieux informés sur les zones à éviter et adoptent rapidement des réflexes de prudence.
Conseils de prudence simples pour limiter les risques dans la rue
Comme dans toute grande ville, quelques précautions de base réduisent significativement les risques. Éviter de sortir son téléphone ou ses écouteurs de manière ostentatoire dans la rue, surtout aux abords des transports, limite les vols à l’arraché. Privilégier les trajets éclairés et fréquentés le soir, et éviter les raccourcis isolés, relève du bon sens urbain. Échanger avec des voisins, des commerçants ou des gardiens d’immeuble permet de repérer rapidement les rues ou les horaires à éviter. Il est aussi conseillé de ne pas laisser d’objets de valeur visibles dans sa voiture et de sécuriser son logement avec une porte blindée ou des serrures renforcées. Ces gestes ne sont ni spécifiques à Aubervilliers, ni synonymes d’une peur permanente, mais ils font partie des habitudes urbaines courantes en zone dense.
Investir, s’installer ou éviter Aubervilliers : pistes de décision argumentées
La question de s’installer ou d’investir à Aubervilliers se pose souvent en termes binaires : est-ce trop dangereux ou est-ce une opportunité ? La réponse dépend de vos priorités, de votre tolérance au risque et de votre capacité à analyser finement le territoire.
Faut-il exclure Aubervilliers de vos recherches immobilières pour des raisons de sécurité ?
Écarter systématiquement Aubervilliers de vos recherches uniquement sur la base de sa réputation peut vous faire passer à côté d’opportunités financières intéressantes, notamment en termes de prix au mètre carré ou de rendement locatif. En revanche, ignorer complètement les enjeux de sécurité serait tout aussi risqué, car certains secteurs concentrent effectivement des difficultés qui peuvent peser sur la qualité de vie ou la valorisation future de votre bien. La clé est de raisonner quartier par quartier, voire rue par rue, et de comparer Aubervilliers à des communes similaires du Grand Paris comme Pantin, Saint-Ouen ou Bobigny. Ces villes partagent des problématiques proches mais présentent aussi des dynamiques urbaines et des projets d’aménagement différents.
Comment évaluer un secteur précis avant de louer ou d’acheter sur place ?
Se rendre sur place à différents moments de la journée et en soirée reste l’étape indispensable pour se forger une opinion réaliste. Observez l’état des immeubles, la propreté des rues, la présence de commerces ouverts et l’animation générale. Discuter avec des habitants, des gardiens ou des commerçants permet de recueillir des informations précieuses sur les nuisances récurrentes, les tensions ou au contraire les projets en cours. Consulter les chiffres de la délinquance à l’échelle du quartier, disponibles sur le site du ministère de l’Intérieur, complète ce diagnostic. Examiner les annonces immobilières, les prix de vente et de location, ainsi que les projets d’aménagement urbain prévus par la mairie ou la métropole, donne aussi des indications sur l’évolution possible du secteur à moyen terme.
Évolutions urbaines, JO, Grand Paris : quels impacts possibles sur la sécurité ?
Les transformations liées au Grand Paris Express, aux infrastructures des Jeux olympiques et aux rénovations urbaines en cours modifient déjà certains secteurs d’Aubervilliers. L’arrivée de nouvelles lignes de métro, notamment la ligne 15, va renforcer la connexion de la ville au reste de la métropole, attirant potentiellement de nouveaux habitants et investisseurs. Les projets de réhabilitation de logements, de création d’espaces publics et de mixité urbaine visent à transformer l’image et la réalité sociale de certains quartiers. Cependant, ces changements prennent du temps et leurs effets sur la délinquance et le sentiment de sécurité restent difficiles à anticiper. Historiquement, la gentrification ou les grands projets urbains peuvent à la fois apaiser certains secteurs et déplacer les problèmes vers d’autres zones. Il serait donc imprudent de miser uniquement sur ces évolutions pour justifier un investissement ou une installation, mais elles constituent un facteur à prendre en compte dans une analyse globale.
Aubervilliers n’est ni un enfer urbain à fuir absolument, ni un territoire sans difficultés. Sa réputation de ville dangereuse s’appuie sur des réalités statistiques et des problèmes localisés, mais elle ne reflète pas l’expérience quotidienne de tous ses habitants. En croisant chiffres, témoignages et observations de terrain, vous pouvez vous forger une opinion nuancée et prendre vos décisions en toute lucidité, que ce soit pour y vivre, y travailler ou y investir.
- Investir dans une place de parking : le guide pour démarrer sereinement - 16 février 2026
- Aubervilliers dangereux : réalité, chiffres et conseils pour s’y repérer - 16 février 2026
- Lmnp en 2025 : revente, plus-value et amortissement expliqués simplement - 15 février 2026




